Test Xiaomi TV P1E 55 : que vaut le téléviseur Ultra HD le plus abordable de Xiaomi ?

La structure des sous-pixels confirme la présence d'une dalle LCD de type VA.

La structure des sous-pixels confirme la présence d’une dalle LCD de type VA.

Ce téléviseur exploite bien une dalle LCD de type VA (Vertical Alignment). Cette technologie d’affichage permet d’obtenir un bon contraste en bloquant efficacement la lumière du rétroéclairage ; en contrepartie, les angles de vision sont moins grands que ceux d’un téléviseur LCD IPS ou Oled. Ce téléviseur Xiaomi accuse tout de même une perte de luminosité de 75% à 45°, soit un peu plus que sur les autres téléviseurs VA — qui affichent souvent une baisse de l’ordre de 70%. Seuls les modèles très haut de gamme correspondant à un filtre optique (Samsung QE65QN95A ou Sony XR-75Z9J) parviennent à améliorer les angles de vision d’une dalle VA. Dans tous les cas, c’est très loin de ce que propose la technologie Oled et ses 25% de variation à 45°.



Le Xiaomi P1E affiche une image dans la moyenne. En mode film, les couleurs ne peuvent pas être ratées comme juste, mais la dérive reste tout de même contenu (delta E moyen mesuré à 3,7). Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de la température des couleurs qui, avec une moyenne supérieure à 11000 K — très loin des 6500 K de référence —, se traduit par une image très froide qui tire beaucobleuvers. La courbe de gamma manque égallement de stabilité avec des gris sombres bouchés et des gris clairs surexposés.

Le moteur de mise à l’échelle permet de redimensionner les contenus SD, HD et Full HD afin qu’ils s’affichent correctement sur cette dalle Ultra HD. Ce moteur est assez basique et produit une image assez floue et très lisse. Heureusement, il ne dénature pas la source originale et limite les artefacts. Du côté de la compensation de mouvement, le moteur fait son possible pour limiter les saccades, mais, en l’absence d’une dalle 100 Hz, il ne peut améliorer la netteté. Les 50 Hz empêchent l’insertion d’images noires via le balayage du rétroéclairage. Les différents modes de compensation de mouvement (baptisés “lissage du mouvement”) ne sont pas franchement efficaces. De plus, le moindre changement de réglage fait basculer la TV dans le mode « personnalisé », perdant au passage les couleurs presque justes du mode Film.

Le Xiaomi P1E 55 est compatible avec les signaux HDR10 et HLG. Il fait l’impasse sur les formats supportant les dynamiques améliorées (HDR10+ et Dolby Vision) pourtant bien utiles sur les téléviseurs d’entrée de gamme.



Comme sur tous les téléviseurs d’entrée de gamme, la qualité d’image en HDR est très moyenne ; la faute à un pic de luminosité limité à 320 cd/m² qui se traduit à l’image par une faible dynamique entre les zones censées être très lumineuses et les zones plus sombres. Ce téléviseur prend également quelques libertés quant au suivi de la courbe EOTF de référence (en jaune) puisqu’il affiche une image systématiquement moins lumineuse que celle demandée. Quand le signal demande une luminosité de 100 cd/m², le téléviseur se contente d’une luminosité de 60 cd/m². On perd donc beaucoup en détails et l’ensemble est globalement sous-exposé, un comble pour une image HDR. C’est dommage, car avec un Delta E moyen de 4,2, les couleurs sont plutôt bien respectées, ce qui est assez rare sur les téléviseurs HDR d’entrée de gamme.

Du côté de la couverture colorimétrique, là encore, c’est très loin des modèles haut de gamme et même de ses concurrents directs de milieu de gamme. Le Xiaomi P1E se contente de couvrir 51 % de l’espace colorimétrique Rec.2020 et 69 % du DCI-P3, l’espace majoritairement utilisé par le cinéma et les séries. En comparaison, le TCL 55C725 affiche 69% des nuances de l’espace Rec.2020 et 86% des cellules du DCI-P3.

Le temps de rémanence mesuré à 19 ms est très loin de celui des meilleurs LCD du marché, comme les Samsung QE65Q85R et Sony KD-75XG9505 qui descendent à 11 ms. Ce temps de rémanence très élevé se traduit à l’image par une traînée derrière les objets en mouvement (effet) fantôme).

Le retard à l’affichage n’est pas le meilleur. Ses 53 ms se produisent par un peu plus de trois images de retard par rapport à la source (à 60 Hz), ce qui rend le téléviseur incompatible avec la pratique de jeux vidéo compétitifs en réseau. Le jeu vidéo en solo reste praticable.

Colorimétrie – mode Jeu

Colorimétrie – mode Jeu

Colorimétrie – mode Jeu

En réglant la température des couleurs sur “Chaud”, le téléviseur affiche des couleurs presque fidèles en mode Jeu (Delta E moyen de 4,2). Cependant, le gamma reste fantaisiste et la température des couleurs reste toujours trop élevée (plus de 11 000 K).

Au final, ce téléviseur n’est pas un bon compagnon de jeu.

Le téléviseur Xiaomi TV P1E 55.

Le téléviseur Xiaomi TV P1E 55.

Ce téléviseur bénéficie d’un design assez classique, passe-partout, sans fausse note. Le contour est en plastique noir assez bien fini, alors que les pieds sont en plastique.

Le cadre de l'écran.

Le cadre autour de l’écran n’est pas particulièrement fin, mais il est loin d’être plus grossier. Plus intéressant, les finitions sont bonnes pour un téléviseur dans cette gamme de prix, et l’assemblage est bien réalisé.

Le téléviseur de face et de profil.

Le téléviseur de face et de profil.

Avec son système de rétroéclairage Direct-Led, le Xiaomi TV P1E 55 n’est pas vraiment fin. L’encombrement sur le meuble TV est lié à celui des pieds. Il faut tabler sur une profondeur de 26,7 cm. Ce téléviseur est donc parfaitement à l’aise sur notre meuble TV de référence (160 x 40 cm).

L'arrière en plastique noir avec la connectique sur la droite et l'alimentation sur la gauche.

L’arrière en plastique noir avec la connectique sur la droite et l’alimentation sur la gauche.

L’arrière est très classique. Le plastique noir est basique. On trouve l’alimentation sur la gauche et la connectique sur la droite, orientée vers le bas et sur le côté. Le téléviseur est compatible avec les supports muraux à la norme VESA 300 x 300 mm.

La connecter.

La connectique se compose de trois entrées HDMI 2.0b (HDCP 2.2 et HDR), trois ports USB 2.0, une sortie audio numérique optique, une entrée composite, un port Ethernet, une sortie casque, un port PCMCIA (Interface Commune CI+), ainsi que les prises antennes TNT/câble et satellite. Ce modèle embarque un tuner DVB-T/T2/C/S/S2, ainsi que le Wi-Fi et le Bluetooth.

L'interface d'Android TV.

L’interface d’Android TV.

Le Xiaomi TV P1E 55 utilise Android TV dans sa version 9.0, mais il adopte la nouvelle interface d’Android 11 avec une agrégation des contenus et des recommandations personnalisées. Le système Android TV est l’un des plus complets du marché et, surtout, celui qui propose le plus d’applications. De plus, le Chromecast intégré permet de recevoir et d’afficher un flux vidéo envoyé depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Étonnamment, le système est fluide sur ce téléviseur d’entrée de gamme, ce qui est loin d’être le cas de tous les produits dans cette gamme de prix. Reste maintenant à voir si la fluidité sera toujours véritable dans le temps, notamment avec seulement 8 Go de stockage et 2 Go de mémoire vive.

L'application PatchWall de Xiaomi.

L’application PatchWall de Xiaomi.

Le Xiaomi P1E est égallement doté d’une surcouche maison censée faciliter son utilisation. Cette interface est accessible via le bouton situé en bas à gauche du pavé directionnel, ce qui n’est pas obligatoirement pratique, cet emplacement étant normalement réservé au bouton “Précédent”. Les erreurs de manipulation sont courantes et c’est souvent pénible. L’interface PatchWall met en avant les différentes sources — un bon point — et quelques applications.

Comme sur tous les téléviseurs Android TV, le premier démarrage est plus long. Il faut ici compter environ 43 s. Heureusement, le téléviseur sort de veille en 6 s, tout en consommant moins de 1 W en veille. Dans tous les cas, c’est beaucoup plus longtemps que les systèmes Tizen de Samsung ou WebOS de LG, qui démarrent en moins de 5 s. Enfin, comme souvent, la mise en veille est instantanée.

La télécommande avec micro.

La télécommande avec micro.

Malgré son tarif abordable, ce téléviseur est fourni avec une télécommande complète intégrant un micro. Elle est très agréable à utiliser avec ses boutons en gomme très silencieux et, surtout, son micro intégré, indispensable pour profiter au mieux des fonctions connectées, notamment pour effectuer les recherches sur YouTube ou via Google Assistant. Son point faible réside dans l’emplacement du bouton “Précédent”, remplacé par un raccourci vers l’interface PatchWall qui entraîne quelques erreurs de manipulation.

Points forts

  • Contrastant.

  • Android TV assez fluide pour un téléviseur à ce niveau de prix.

  • Télécommande avec micro.

  • Finir.

  • Connectique complète.

  • Consommation.

Points faibles

  • Etalonnage d’usine pas au niveau de la concurrence.

  • Retard à l’affichage élevé.

  • Temps de rémanence très élevé.

  • HDR inutile (faible pic de luminosité, calibrage perfectible).

Comment fonctionne la notation ?

Le téléviseur Xiaomi P1E 55″ est clairement décevant. Si les capacités et la fluidité d’Android TV sont appréciables, tout comme la présence d’un micro sur la télécommande et la consommation réduite, la qualité rapporte v à la concurrence, etc. Il est d’autant plus dommage qu’il s’agit souvent du critère le plus important dans le choix d’un téléviseur. Aussi bien équipé tout en soignant la qualité d’image, et cela à tarif équivalent.

Sous-Notes

  • Qualité d’image

  • HDR

  • Jeux vidéo

  • Opacification

  • Réflexion

  • Ergonomie

  • l’audio

  • Consommation

  • Réparabilité

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